S’allier au profit de l’énergie verte au 21e siècle

février 26, 2016 / L'honorable Sergio Marchi, Association canadienne de l'électricité

Vancouver accueillera deux événements complémentaires d’importance qui visent à aider à propulser le Canada vers un avenir plus vert.

Le premier ministre Trudeau rencontrera les premiers ministres provinciaux, le 3 mars, au centre des congrès, afin de discuter d’une stratégie nationale de lutte contre les changements climatiques. Parallèlement, à l’autre bout du hall d’entrée, quelque deux mille dirigeants d’entreprises, d’organisations non gouvernementales (ONG) et de groupes autochtones débattront de stratégies et technologies vertes au GLOBE Leadership Summit, un événement se tenant tous les deux ans.

Les premiers ministres doivent maintenant s’attaquer à la difficile tâche de mettre en œuvre l’accord de Paris. Ils établiront le plan politique à cet égard et, parallèlement, bon nombre des participants de la conférence GLOBE auront la responsabilité d’atteindre l’objectif fixé.

Il ne s’agit toutefois que de deux aspects d’un même volet de la lutte contre les changements climatiques. Si nous souhaitons réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada de la manière la plus efficace, juste et économique possible, il s’avère essentiel que nous favorisions l’établissement d’un partenariat équilibré entre les gouvernements et l’industrie.

Ce partenariat sera confronté à des questions urgentes. Permettez-moi d’aborder ne serait-ce que quatre d’entre ells.

Tout d’abord, nous devons investir dans des solutions énergétiques propres.

Chaque fois que les Canadiens allument la lumière, ils accèdent à l’une des sources d’électricité les plus propres au monde. Plus de 80 % de l’électricité du Canada est produite sans émissions de GES, et la situation ne pourra que s’améliorer lorsque la production d’électricité au charbon  cessera.

Nous ne pouvons toutefois nous arrêter ici. L’électrification des transports et des applications industrielles constitue la clé qui permettra au Canada de réduire ses émissions de façon substantielle. À eux seuls, les transports sont responsables de près de 25 % de notre empreinte carbone. Nous devons donc élaborer et mettre en œuvre une stratégie d’électrification nationale.

En second lieu, nous devons effectuer des investissements à long terme dans l’infrastructure pour la transformer.

Ces projets doivent maximiser l’édification du pays. Le premier ministre avait raison lorsqu’il a affirmé, au Forum économique mondial de Davos, que nous avons besoin d’une infrastructure qui favorise le changement.

Le secteur canadien de l’électricité est en harmonie avec cette approche. Nous devons investir 350 milliards de dollars dans les vingt prochaines années afin de renouveler les réseaux vieillissants. Voilà une occasion de collaborer au profit des générations à venir afin de mettre de l’avant des technologies novatrices, des technologies axées sur les énergies renouvelables et des technologies vertes et de prolonger le service jusqu’à des régions éloignées. Quant au dernier point, pourquoi les Canadiens devraient s’appuyer sur le diesel, nocif et coûteux, alors que leur citoyenneté devrait leur conférer le même droit d’accès à une énergie de première qualité que le reste d’entre nous?

En troisième lieu, nous devons savoir qui est à l’origine des innovations.

Bien des gens croient que le prochain Google proviendra de jeunes esprits brillants menant des expérimentations dans leur garage. Ils ont peut-être raison, mais il ne s’agit que d’un aspect de la situation.

Nos membres et ceux d’autres secteurs énergétiques, dont bon nombre sont actifs depuis longtemps, stimulent également l’innovation. Qu’il s’agisse de BC Hydro, en offrant un réseau de bornes de recharge pour les véhicules électriques, de SaskPower, grâce à son projet de captage et stockage du CO2, un projet unique au monde, ou de l’usine d’Ontario Power Generation qui convertit le charbon en biomasse – l’usine du genre la plus importante en Amérique du Nord –, des entités établies innovent aussi. Nous devons donc accueillir à bras ouverts tous les innovateurs et résister à la tentation de choisir des « gagnants » uniquement en regard de nos perceptions.

Enfin, dans nos efforts pour nouer un partenariat viable afin de lutter contre les changements climatiques, nous devons établir un forum permanent réunissant les gouvernements et les intervenants.

Nombreux sont ceux qui estiment que la COP 21 représente un tournant. Il vrai que bon nombre de gouvernements, dont le nôtre, ont adopté depuis une approche plus énergique. Cette importante initiative politique exigera d’adopter une approche holistique plus cohérente. Un forum réunissant des représentants des gouvernements fédéral et provinciaux, de l’industrie, d’ONG et de groupes d’intérêt autochtones serait d’une aide incommensurable. Il aurait pour objet de cerner les occasions et résoudre les problèmes, et de contribuer à l’établissement d’un consensus national, sur une base continue.

Je me réjouis à l’idée de pouvoir traiter plus amplement de ces questions à la conférence GLOBE. J’espère que vous pourrez vous joindre à moi et aux autres panélistes, le 3 mars, de 11 h 30 à 12 h 30, au forum « The Future of Electricity & Grid Infrastructure: Powering the 21st Century Economy ».

 

L’honorable Sergio Marchi est le président-directeur général de l’Association canadienne de l’électricité (ACÉ).